NGAMBE TIKAR: une ville aux 7 tranchées

Une tranchée peut être définie comme une excavation longue  et étroite pratiquée dans le sol. Pendant la première guerre mondiale de 1914 à 1918, cette technique a permis aux soldats de se protéger des attaques de l’ennemi d’où : le nom de guerre de tranchée attribué à cette triste page de l’histoire de notre humanité.

Au Cameroun, les Tikar sont ceux qui, avant  cette saignée mondiale  ont usé de cette technique guerrière pour repousser les incursions du lamido de Tibati dans son expédition expansionniste tendant à propager l’islam dans la partie méridionale du pays.

En effet, pour vaincre la puissance de feu de ce dernier et stopper net ses velléités, lesTikar ont entrepris de creuser tout autour de leurs villages des tranchées dont l’objectif n’était autre que de paralyser la cavalerie du lamido.

C’est ainsi qu’une ville comme Ngambe Tikar sera entourée de 7 tranchées  d’une profondeur d’environ 4 mètres sur 2 de large la ceinturant comme bouclier anti missile.  Une fois les tranchées creusées, la ruse consistait à les recouvrir de feuillages constituant ainsi un guet à pan pour la cavalerie du lamido, dont les raides se faisaient la plupart de temps de nuit.  Il suffisait alors  aux guerriers Tikar, d’attendre tranquillement, que l’ennemi et son cheval se retrouvent au fond de l’excavation pour les achever.

Grace à cette action du peuple Tikar, fruit de leur dynamisme et de leur esprit guerrier, le lamido de tibati n’a pu réaliser son objectif d’étendre son royaume au sud du Cameroun. Ces vestiges historiques symboles de l’ingéniosité Tikar sont encore visibles de nos jours et suscitent bons nombre d’interrogations :

Comment un peuple primitif qui ne connaissait pas le fer a-t-il réussi à creuser des tranchées de ces dimensions sur des centaines de kilomètres ?

Comment ont-ils réussi à vaincre le lamido de tibati qui disposait d’une armée mieux structurée et mieux équipée ?

Ces questions et bien d’autres trouveront certainement réponses auprès des historiens qui ont ou étudierons l’histoire des tranchées Tikar.

Quant à nous nous voulons ici saluer l’esprit de solidarité et de rassemblement au tour de l’objectif commun (la défense de leur patrimoine) qui a présidé la démarche de nos ancêtres. Vivement que cet esprit inspire la jeune génération de Tikar afin qu’elle aille puiser dans les tréfonds de leur histoire d’où jaillirait certainement la lumière qui viendrait éclairer le labyrinthe dans lequel semble enfermé le peuple Tikar.Car de la connaissance de notre histoire,  nous trouverons certainement des solutions à nos difficultés de l’heure.

Nous voulons ici interpeler la  jeunesse Tikar à s’intéresser à son histoire car personne mieux qu’elle ne saurait  la traduire avec plus d’emphase.

NINKO ABRAHAM

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