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Archive pour juillet 2012

KPAGA, NGAMBE TIKAR et NDITAM un lien de sang trahi, une amitié triomphante

Lundi 30 juillet 2012


L’histoire nous enseigne que le chef de NDJOFLO (Ngambé tikar) avait épousé une fille de MAHANG CALE (kpaga ) appelée MOINDOH YOUENG, laquelle ne pouvant accoucher fit venir sa petite sœur la nommée NGUEWÔ afin que cette dernière  donne un héritier au chef.

Quelques temps après, NGUEWO accouchera d’un garçon nommé NGAWE, lequel succèdera à son père. Une fois sur le trône, NGAWE fera venir son oncle maternel MONCHI GALI à qui, il va confier le rôle de premier notable de NDJOFLO. Ce dernier résidait à NDOUN à quelques encablures du village WEHWE. A la mort de MONCHI GALI, il fut remplacé par son fils MONDJI HOUMON. Celui-ci s’étend révélé généreux et hospitalier avait fini par ravir la vedette au chef car sa maison ne désemplissait plus. Ce qui fit croire au chef qu’il convoitait son trône. C’est ainsi que le chef de NDJOFLO et quelques-uns des notables hostiles à MONDJI HOUMON iront à YOKO instrumentalisé le colon blanc en lui faisant croire que ce dernier voudrait ravir le trône.

L’administrateur allemand en tournée à NDJOFLO va demander à MONDJI HOUMON de quitter NGAMBE TIKAR pour aller s’installer entre le village KONG et YOKO. Ce qu’il refusera. Il lui fut ensuite proposé de s’installer entre YOKO et TIBATI. Voulant préserver les us et coutumes tikar, il n’y restera pas longtemps et se rendra à YOKO pour exprimer aux colons blancs son envie de rentrer en terre tikar. Y étant, il va y rencontré le chef de NDITAM sa majesté NOUNKOU à qui il va exprimer ses difficultés.

Celui-ci  lui proposera de rentrer avec lui afin de lui octroyer un lopin de ses terres. Chemin faisant et à l’emplacement actuel du village GBAH, ils vont s’arrêter au niveau de la tranchée séparant actuellement les villages KPAGA et GBAH, limite entre les territoires de NGAMBE TIKAR et de NDITAM. Sa majesté NOUNKO tiendra ces paroles à son hôte : voici les limites du territoire que je te donne en propriété. Du côté du  village NDJOFLO par la tranchée que voici limite naturelle entre les territoires de NGAMBE TIKAR et de NDITAM. Du côté de NGOUME par la rivière MBLI et aux deux extrémités par les fleuve KIM et MPEM.

Pour matérialiser cela MONDJI HOUMON qui était un homme averti se rapprochera de l’administrateur français de cette époque pour que tout ceci soit codifié dans des écrits qui sont actuellement disponibles dans les archives de la sous-préfecture de NGAMBE TIKAR.

Il convient de noter qu’à partir de cet instant, le village kpaga est devenu un territoire autonome ne dépendant ni de NGAMBE TIKAR, ni de NDITAM. Il devait désormais payer son impôt directement à l’administrateur colonial sans plus se référer à ces deux entités. En affirmant l’autonomie du village kpaga, il s’agissait pour le colon de préserver la paix entre les trois villages et surtout de donner une vie paisible à MONDJI HOUMON qui avait une nombreuse famille.

Nous tenons néanmoins à saluer l’esprit prévoyance de MONDJI HOUMON et surtout l’esprit de solidarité et de gratitude de sa majesté NOUNKOU qui a suit par amour pour son ami et frère offrir une parcelle de son territoire sans contrepartie.

Le devoir de mémoire nous appelle à restituer la véracité des faits tels qu’ils se sont produits. Car en tant que  petits fils et  arrières petits fils de ceux qui ont écrit cette page de l’histoire, j’ai la chance de côtoyer ceux qui ont soient vécu directement ou indirectement les faits ci-dessus de les traduire fidèlement tels qu’ils m’ont été racontés. Eux-mêmes n’ayant pas eu la possibilité de les consigner par écrit. Je ne suis donc qu’une simple courroie de transmission pour les générations futures.

Par NINKO Abraham

LE CHOUENG: la danse des chasseurs

Lundi 30 juillet 2012

 

Le choueng est une danse des chasseurs que l’on rencontre dans les villages  kpaga, gbah et  samboueng par Ngambe Tikar. Cette  danse  s’exécute lorsque l’on abat un animal féroce en l’occurrence le buffle. Elle consiste à tourner autour de la dépouille de l’animal en signe de victoire en portant ses cornes, tout en imitant ses gestes  face au chasseur.

Après l’exécution de la danse, l’animal est dépecé  puis la viande partagée à tous les habitants de la communauté.

A défaut, toute la viande est portée à la chefferie pour y être préparée en vue d’une nuit de fête où les villageois vont partager le repas arrosé du nkan, sorte de boisson traditionnelle en exécutant le choueng. Il convient de noter que les cornes de l’animal abattu doivent être conservées pour servir plus tard à l’exécution de la danse.

MONCHI GALI dont le nom signifie celui qui a dépassé tout le monde était  celui qui s’illustrait dans la chasse des buffles qu’il attrapait à mains nues  d’où son nom.  Aujourd’hui, avec les organisations de défense des droits des animaux, cette danse ne s’exécute plus sous sa  forme initiale mais elle  reste toujours d’actualité dans la mesure où  elle s’exécute aujourd’hui à l’occasion des funérailles, des mariages et autres festivités. Le choueng reste une merveille en termes de la beauté du rythme et de la dextérité des danseurs.

Nous invitons tous ceux qui foulent la terre de l’Arrondissement de Ngambé Tikar à découvrir cette danse qui traduit la ruse de l’homme face à l’animal même le plus féroce.

Par NINKO Abraham

Vue panoramique de la plaine tikar

Jeudi 12 juillet 2012

Vue panoramique de la plaine tikar nguegang-lan-NDUIN-12-169x300I-               LA PLAINE TIKAR : ASPECTS HISTORIQUES ET GEOGRAPHIQUES

 

1-   PRESENTATION GEOGRAPHIQUE.

La plaine Tikar, parfois appelée TIKARIE est une vaste dépression adressée à l’Ouest et au Sud, au massif du MBAM et adossée au Nord aux conforts du plateau de l’Adamaoua. D’une altitude variant entre 700 et 750m, elle est principalement parcourue par le fleuve MABM et ses grands affluents que sont la KIM, le NOUN et la MAPE. A cheval entre savane brisée au nord, la forêt tropical au Sud et à l’Est, les grasfields à l’Ouest, elle englobe en fait les arrondissements de NGAMBE-TIKAR (MBAM et KIM-Centre), Bankim (MAYO BANYO – ADAMAOUA), Magba et Malantoeun (Noun – Ouest) et NWA (Nord Ouest).

2-   PORTENTIEL ECONOMIQUE.

La plaine TIKAR s’active économiquement autour de l’agriculture de rente (café cacao, palme à huile…) l’élevage (bovin, ovins, volailles) la pêche et le commerce.L’exploitation forestière et l’industrie de transformation du bois sont très présentes sur rive gauche du MBAM.

3-   LA POPULATION DE LA PLAINE TIKAR

 Elle est 80% constitué des peuples TIKAR, qui cohabitent avec les berges foulbés et d’autres peuplades tels les pygmées.

a-   De l’histoire des TIKAR

Certains historiens croient que l’origine des TIKAR se situerait dans la péninsule Yéménite, qu’ils ont quitté pour séjourner pendant longtemps dans la vallée du Nil, au Bar-Ghazar, à l’époque pharaonique (similitude des coiffures royales). Ils se seraient ensuite installés sur le plateau de l’Adamaoua avant de fonder il y a 8 siècles les royaumes actuels,dans la plaine TIKAR.

D’autres sans réfuter la première thèse affirment que ce peuple tire son nom de l’expression Mboum « TINKALA-JE », signifiant va t’en d’ici, lancée par le maître des lieux a un prince de la chefferie Mboum de NGANHA, aux ambitions très marquées sur le trône. Celui-ci s’en ira, emmenant ses frères et sœurs, ainsi que nombre de notables et fidèles. En grands guerriers, ils descendirent vers le Sud, essaimer un vaste territoire, affranchissant «les TUMU » (idiome TIKAR actuel) les Bamoun et les Bansô donnant lieu à de solides chefferies.

b-   Des us et coutumes TIKAR

En ce général, toutes les chefferies Tikar répondent aux mêmes rites et schémas organisationnels. Au sommet se trouve un chef entouré de cercle de notables dont les NJI, ses frères de sang, les HOUNG qui sont ses cousins à qui incombent les charges ministérielles et les MGBE, sortes d’ambassadeurs ou gouverneur des territoires du royaume. Une place de choix revient à la reine mère.

Société patrilinéaire, les Tikar appliquent la primo géniture pour ce qui est de la succession, sauf pour des cas isolés justifiés. Peuple au confluent des grandes religions,, les Tikar  sont indifféremment dans une même famille, musulmans chrétiens (catholique, protestants) ou animistes, dans une tolérance collective.

 

II-           LA PLAINE TIKAR, VIVIER CULTUREL

 LA création en 1996 Atlanta (USA) d’un musée d’Art Tikar, a fait resurgir au grand jour, l’intérêt que suscitaient les TIKARS pour les scientifiques, les touristes et commerçants d’objets d’art, puisant ainsi dans ce vivier des éléments rares et malheureusement aussi, galvaudant un label culturel qui a forcé l’estime par sa technique, son message, la cosmogonie dégagée par ses rites et cultes.

S’il est reconnu que le convoitise sur la marque culturelle TIKAR n’a pas toujours profité à ceux qui en sont dépositaires, force est de reconnaître que cela relève fort malheureusement de ce que ceux-ci n’ont pas toujours su mesurer l’enjeu qui se jouait sur ce qu’ils ont considéré comme des éléments de tous les jours, susceptibles et disparaît, si c’était la volonté des ancêtres. Des légers traits de paresse et négligence (apanage de ceux que l’on dit intelligents) ont fait que le maître de cette culture leur échappe au profit d’une déperdition progressive pour certains éléments culturels ou d’un trafic illicite dont les auteurs, sans scrupules, ne pensent qu’à leurs intérêts.

Aussi, l’association dans un travail préliminaire va essayer d’identifier de manière globale, les éléments culturels en périls et surtout les potentialités que l’instant pourrait offrir.

1-   Des patrimoines en péril

Ils sont d’ordre matériel et immatériel. Au fil des temps, l’on s’est rendu compte que la littérature orale (chants, contes, épopées) avec d’autre formes d’intertainment ont sérieusement reculé au point où des générations entières se retrouvent sans repère proverbiale ou épique, d’autant plus que la langue elle-même, le TIKAR (TUMU) s’hybride d’avantage quant-elle ne disparaît pas carrément dans les foyers. Les éléments musicaux et danse tout autant que ce qui est considéré comme arts spécifiques : la cuisine, coiffure, le tatouage, etc. suivent en cela la ligne de déclinaison des rites initiatiques qui avaient pour objectifs de faire des hommes et des femmes de valeur.

Le patrimoine immobilier constitué de vestige (tranchées…) et mobilier objectifs d’usage quotidien ancien, parures d’habillement) n’affichent pas non plus fière allure.

2-   Des potentialités culturelles

Elles sont multiples dans la plaine TIKAR si l’on s’accorde à croire que la statuaire et notamment la fonte et la sculpture sur bois et métaux suivant la technique à cire fondue demeurent des voies royales du rayonnement de la culture TIKAR, il faut toutefois positiver et agrandir de production et de technique de fabrication.

Le tourisme culturel reste une piste inexplorée, dans une zone où les différents types humains qui cohabitent (bantou, semi-bantou, soudano-sahélien, pygmées) offrent autant d’axes de croisement de croisement culturels, rituels, aux côtés des vestiges immobiliers qui pourraient en synergie avec les festivités culturelles et traditionnelles annuellement organisées, constituer de réels circuits touristiques.

 

Une association culturelle voit le jour dans l’arrondissement de Ngambe Tikar

Lundi 9 juillet 2012

La logique d’intégration semble s’être renforcée en début du XX ème siècle, dopée par l’universalité progressive, la diffusion planétaire des cultures. Dans la pleine conscience de leur histoire, les  communautés qui la connaissent parfois à fond, la remodèle régulièrement et parfois systématiquement en fonction des problèmes qu’elles se posent et des solutions qu’elles envisagent. Un peu comme pour traduire la maxime suivant laquelle; lorsqu’on ne sait pas où l’on va , on doit pouvoir savoir d’où on vient.

Dans pour le libéralisme communautaire Paul BIYA annonçait que les universaux culturels sont des valeurs qu’il faut faire recenser, préserver, promouvoir pour l’intérêt de la collectivité nationale , la détermination et la promotion de ces universaux culturels soutiennent la double mention d’identité culturelle et d’unité nationale de notre peuple, car la culture est le ciment de l’unité. Il s’agit là d’un appel à  une prise de conscience collective  de notre histoire, de notre identité et d’accepter notre insertion dans la modernité. Dans toute société, il y a un héritage, témoin de l’histoire qui mériterait d’être revisitée pour démontrer sa profondeur, les influences diverses et mutations survenues dans son parcours.

Pour atteindre ces objectifs, une mutualisation des volontés humaines, institutionnelles et des groupes dont le cheminement a parfois croisé l’usure du temps est régulièrement prônée. Fort de ce qui précède, des âmes de bonne volonté se sont penchées sur le lit de la culture tikar dont les crues et décrues ont manifestement marqué le bassin, en ayant en esprit que c’est des solutions individuelles ou collectives que s’imposent une culture, si elle veut résister à l’influence des autres cultures. Dans un monde de plus en plus ouvert dans lequel s’érige un village planétaire et/où, on parle de plus en plus de choc des cultures, il est plus qu’ urgent de s’y ménager une place au risque de se voir dilué dans celles des autres et de disparaitre.

La culture tikar est si riche et véhicule des valeurs universels dont on se rend compte qu’en scrutant les profondeurs. Il est donc pour nous représentants de sang de ce peuple de la rendre plus accessible afin qu’elle participe dans le concert de choc de cultures à une humanisation du monde.

Dans un contexte où le TIKAR est généralement admis dans la tour de Babel  culturelle nationale et internationale, il a été jusqu’ici difficile de lire une réelle synergie à faire valoir le riche potentiel culturel vécu ou véhiculé par ce peuple. Non pas que des tentatives aient faits défaut, mais des malheureuses contingences sont souvent venues obérer les efforts associatifs réellement bien pensés.

Le projet de création  de la dynamique culturelle de l’arrondissement de Ngambe tikar en abrégé DYCANT  est parti de ce constat et des défis de l’heure.

L’ambition des géniteurs de cette association n’est nullement de faire ombrage à d’autres organisations dont les objectifs croiseraient le leur. Bien au contraire, c’est à une mise en commun des acquis, expertises et connaissances qu’elle appelle. Toutes choses dont les TIKAR sont a priori nantis.

N.A