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KPAGA, NGAMBE TIKAR et NDITAM un lien de sang trahi, une amitié triomphante


L’histoire nous enseigne que le chef de NDJOFLO (Ngambé tikar) avait épousé une fille de MAHANG CALE (kpaga ) appelée MOINDOH YOUENG, laquelle ne pouvant accoucher fit venir sa petite sœur la nommée NGUEWÔ afin que cette dernière  donne un héritier au chef.

Quelques temps après, NGUEWO accouchera d’un garçon nommé NGAWE, lequel succèdera à son père. Une fois sur le trône, NGAWE fera venir son oncle maternel MONCHI GALI à qui, il va confier le rôle de premier notable de NDJOFLO. Ce dernier résidait à NDOUN à quelques encablures du village WEHWE. A la mort de MONCHI GALI, il fut remplacé par son fils MONDJI HOUMON. Celui-ci s’étend révélé généreux et hospitalier avait fini par ravir la vedette au chef car sa maison ne désemplissait plus. Ce qui fit croire au chef qu’il convoitait son trône. C’est ainsi que le chef de NDJOFLO et quelques-uns des notables hostiles à MONDJI HOUMON iront à YOKO instrumentalisé le colon blanc en lui faisant croire que ce dernier voudrait ravir le trône.

L’administrateur allemand en tournée à NDJOFLO va demander à MONDJI HOUMON de quitter NGAMBE TIKAR pour aller s’installer entre le village KONG et YOKO. Ce qu’il refusera. Il lui fut ensuite proposé de s’installer entre YOKO et TIBATI. Voulant préserver les us et coutumes tikar, il n’y restera pas longtemps et se rendra à YOKO pour exprimer aux colons blancs son envie de rentrer en terre tikar. Y étant, il va y rencontré le chef de NDITAM sa majesté NOUNKOU à qui il va exprimer ses difficultés.

Celui-ci  lui proposera de rentrer avec lui afin de lui octroyer un lopin de ses terres. Chemin faisant et à l’emplacement actuel du village GBAH, ils vont s’arrêter au niveau de la tranchée séparant actuellement les villages KPAGA et GBAH, limite entre les territoires de NGAMBE TIKAR et de NDITAM. Sa majesté NOUNKO tiendra ces paroles à son hôte : voici les limites du territoire que je te donne en propriété. Du côté du  village NDJOFLO par la tranchée que voici limite naturelle entre les territoires de NGAMBE TIKAR et de NDITAM. Du côté de NGOUME par la rivière MBLI et aux deux extrémités par les fleuve KIM et MPEM.

Pour matérialiser cela MONDJI HOUMON qui était un homme averti se rapprochera de l’administrateur français de cette époque pour que tout ceci soit codifié dans des écrits qui sont actuellement disponibles dans les archives de la sous-préfecture de NGAMBE TIKAR.

Il convient de noter qu’à partir de cet instant, le village kpaga est devenu un territoire autonome ne dépendant ni de NGAMBE TIKAR, ni de NDITAM. Il devait désormais payer son impôt directement à l’administrateur colonial sans plus se référer à ces deux entités. En affirmant l’autonomie du village kpaga, il s’agissait pour le colon de préserver la paix entre les trois villages et surtout de donner une vie paisible à MONDJI HOUMON qui avait une nombreuse famille.

Nous tenons néanmoins à saluer l’esprit prévoyance de MONDJI HOUMON et surtout l’esprit de solidarité et de gratitude de sa majesté NOUNKOU qui a suit par amour pour son ami et frère offrir une parcelle de son territoire sans contrepartie.

Le devoir de mémoire nous appelle à restituer la véracité des faits tels qu’ils se sont produits. Car en tant que  petits fils et  arrières petits fils de ceux qui ont écrit cette page de l’histoire, j’ai la chance de côtoyer ceux qui ont soient vécu directement ou indirectement les faits ci-dessus de les traduire fidèlement tels qu’ils m’ont été racontés. Eux-mêmes n’ayant pas eu la possibilité de les consigner par écrit. Je ne suis donc qu’une simple courroie de transmission pour les générations futures.

Par NINKO Abraham

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