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LES FIGURES EMBLEMATIQUES DE L’EVANGELISATION DANS LA PLAINE TIKAR

Mercredi 1 août 2012

LES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L’EVANGELISATION DANS LA PLAINE TIKAR

Il y a deux ans, l’Eglise Evangélique Luthérienne au Cameroun(EELC) fêtait ses 100 ans en pays tikar sous fond de tension entre les chrétiens de cette Eglise.  En effet, un conflit entre les partisans de l’appellation Église Evangélique Luthérienne AU Cameroun et les partisans de l’appellation Église Évangélique Luthérienne DU Cameroun a fortement déteint sur les festivités de cet événement qui se voulait historique à plus d’un titre.

D’abord par ce qu’il était question de mesurer le chemin parcouru. Ensuite parce que c’était l’occasion de démontrer aux yeux du monde et surtout des norvégiens que leur œuvre est restée en des bonnes mains. Si l’on peut se réjouir d’avoir vu à cette occasion la première église de ce nom germer des fonds baptismaux de ce district ecclésiastique, il ne demeure pas moins que cet événement n’a accouché que d’une souris tout au moins sur le plan de la restitution de la vérité de l’histoire

Alors que l’on s’attendait à ce que ceux qui furent les pionniers de la bataille de l’évangélisation dans la plaine tikar soient présentés comme héros du jours, la frustration fut grande de constater qu’en dehors de  l’allemand et de son épouse décédée et enterrée à NGAMBE TIKAR à la suite d’un accouchement difficile, rien mais alors ne permit de rendre un hommage mérité à ceux-là qui aux premières ont cru sans avoir vu, chacun à son niveau, donnant le leur sans réserve, dans un contexte difficile et peu enclin à bousculer les habitudes  pour passer le message de l’évangile.

Partant de la parole de Jésus aux pharisiens selon laquelle, il faut rendre à CESAR ce qui appartient à CESAR et à DIEU ce qui appartient à DIEU, nous nous sommes sentis le devoir d’aller fouiner dans les profondeurs de l’histoire afin de faire jaillir dans la nuit des temps la vérité des faits.

Dans cette quête de la vérité de l’histoire, nous n’avons pas cru devoir nous limiter à la seule église évangélique luthérienne, nous nous sommes également intéressés à ceux qui ont porté la mission de l’église catholique à NGAMBE TIKAR et dont l’histoire semble de plus s’éteindre par l’effet du temps et par ceux dont la mission est d’occulter la vérité à des fins que rien ne justifie.

Des investigations menées, il ressort sans aucun doute que ceux des tikar qui se sont illustrés dans la plaine tikar dans la semence de la bonne nouvelle de Jésus Christ au cœur  des peuples animistes et païens tikar pour le compte de  l’EELC, restent incontestablement le Révérend HOUNGUE Othon, l’évangéliste NINKO Abraham et le catéchiste HOUSSA Jonas.

Ordonné pasteur à la suite des études pastorales menées à NGaoundéré auprès des missionnaires norvégiens, le Révérend HOUNGUE est l’un ceux qui ont porté la mission d’implantation de l’EELC dans dans le district de Ngambe Tikar.

En effet dans ce district où il a consacré toute sa pastorale, le Rev. HOUMGUE a fortement contribué à l’enracinement de la culture religieuse au sein des populations tikar. Il a fortement œuvré à la création des paroisses dans tous les villages de cette circonscription, bravant malgré son âge les distances et les intempéries. Il suffit pour comprendre les efforts déployés d’imaginer le district de Ngambé Tikar il ya 40 ans pour mesurer l’étendue de la tâche accomplie.

Une autre figure est bien celle de Ninko Abraham dont l’œuvre dans la mission évangélique fut titanesque. Alors élève à la mission protestante Ngamb Tikar, celui-ci va se faire remarquer par la qualité de ses performances scolaires. A la fin de son cycle, il est recruté pour officier en qualité d’enseignant à l’école de la mission protestante : d’abord de Nditam, ensuite de kpaga et puis de Ngambe Tikar. Il se révèlera être un enseignant fortement apprécié de ses élèves  et un bon pédagogue dès lors qu’il donne en même temps à ses élève les cours de  religion comme de coutume dans les établissements confessionnels.

Plus tard il est muté après une brève formation de catéchiste à l’église de Ngambe Tikar, puis envoyé à Bankim comme premier catéchiste et enseignant de l’église de Bamkim et de l’école protestante de ladite ville. Mais quelque temps après l’église de Nditam ayant connu des troubles, il lui sera demandé par sa hiérarchie de s’y rendre.  Il sera remplacé à Bankim par le catéchiste HOUSSA Jonas.

A son retour à Bankim, HOUSSA Jonas est réaffecté à Ngambé Tikar.  Quelque temps après ce retour, il est envoyé à Tibati pour y subir la formation d’évangéliste au bout de laquelle il devait être consacré pasteur. Entre temps un certain MOUCHILI un de ses amis catéchistes  avec qui il officiait déjà à Bankim n’apprécia pas que ce fut NINKO Abraham qui eut été choisi pour cette formation. Il attendra son retour pour en découdre avec lui en lui donnant du poison. C’est ainsi que transporté à  l’hôpital de Foumban NINKO Abraham rendra l’âme sur son lit d’hôpital. Sa dépouille sera ramenée à Bankim pour y être enterrée. Cependant, un fait marqua l’attention de tous ceux qui ont pris part à ses obsèques. En effet pendant la creusée de la tombe les racines en forme de croix furent trouvées juste au niveau où devait reposer sa tête.

AU niveau de la mission catholique Jean YAWE est incontestablement la tête de proue de l’évangélisation catholique dans le district de Ngambé Tikar ; il était secondé dans cette lourde mission par HOUANGONG de SAMBOUENG et par TANDAP Joseph.

Jean YAWE commença sa mission messianique à Gah village situé à 15 KM de la ville NGAMBE TIKAR où il sera affecté plus tard en qualité de catéchiste. Comme HOUNGUE Othon, NINKO Abraham et HOUSSA Jonas, celui-ci a fortement œuvré à l’enracinement de l’église catholique dans cette partie du territoire. Il fut envoyé ROME pour les études de théologie dans la perspective de  devenir prêtre. Mais pour des raisons de famille cela n’a pu se réaliser.

Par NINKO Abraham