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LE DRAME DES PEUPLES AUTOCHTONES: le caq des pygmées de l’Arrondissement de Ngambé-Tikar

 

Il y a quelques semaines se célébrait la journée mondiale des peuples autochtones, qui, selon la déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones adoptée par l’Assemblée Générale le 13 septembre 2007 sont au Cameroun les populations pygmées et bororos. Si ce texte consacre les droits fondamentaux de ces peuples, il n’en demeure pas moins que ces populations autochtones 6 ans après l’adoption  de ce texte et sa ratification par le Cameroun restent encore sur leur fin car l’on semble se situer au niveau des simples déclarations sans aucune action concrète sur le terrain.

Arrondissement de NGAMBE TIKAR, circonscription administrative située à environ 300 Kilomètres de la capitale du Cameroun YAOUNDE, regorge d’ importantes colonies des pygmées évalués à un millier d’individus, repartis dans les campements de MBONDE, KWOUEN, NGOUME par NDITAM, de GANDIE, NYANKA par NGAMBE TIKAR, de MANSOH et de GAH qui vivent dans les conditions déplorables. Extirpés à leur corps défendant de leur milieu naturel, sans leur avis, ils sont aujourd’hui en butte en des réelles difficultés d’adaptation qui exacerbent leur vulnérabilité. Dépourvus de tout, ils sont devenus sur leur propre terre des parias. Il nous semble qu’au lieu de se limiter au folklore qui caractérise les journées des peuple autochtones dont le but inavoué est souvent de contenter les bailleurs de fonds, les structures en charges de ces questions sont appeler à se plancher véritablement sur la problématique de ce drame humain qui se noue devant nous et qui pourrait à terme avoir des conséquences fâcheuses dans avenir pas très lointain.

En effet, si autochtones rime avec propriété, le pygmée de l’Arrondissement de NGAMBE TIKAR, est le seul autochtone qui n’est propriétaire d’aucune terre, qui ne participe à aucun partage des fruits de l’exploitation forestière, qui ne bénéficie d’aucun avantage ou action forte de nature à le sortir de sa situation. Peut-être n’est-il pas propriétaire de l’espace où est construite sa petite hutte.

Les actions fortes consisteraient premièrement en la constitution des réserves forestières pour le compte de ces communautés, réserves dans lesquelles celles-ci conserveraient leur patrimoine culturel (plantes médicinales, rites, cueillette, chasse etc…).

Ensuite,  en l’’accès à la propriété foncière comme voie royale à leur intégration dans la communauté nationale, car la terre, mamelle nourricière est le seul bien qui se transmet de génération en génération. Ne pas en posséder,c’est être condamné à la dépendance et à la disparition.

L’Arrondissement de NGAMBE TIKAR s’illustrant dans une vente effrénée des terres en violation de toute orthodoxie juridique, il est fort à craindre que si rien n’est fait dans un délai raisonnable, ces pygmées soient condamnés à immigrer vers un mode de vie qui ne soit le leur et dont les conditions d’adaptation seraient douloureuses pour eux.

Enfin, l’éducation, les pygmées et les bororos restent les seules populations Camerounaises parmi lesquelles l’école n’est pas encore entrée dans les mœurs. Pour permettre à ces derniers de mieux défendre les droits inscrits dans la déclaration des droits  des autochtones ci-dessus mentionnés, il est nécessaire que des mesures soient prises pour sensibiliser, inciter ces derniers à apprendre à lier le bois au bois comme le dirait un personnage de SEMBENE OUSMAN. Ce n’est qu’à ce prix et à ce prix seulement que la déclaration trouvera la plénitude de son application et produira les effets escomptés.

Par Abraham NINKO

 

 

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