UN DRAME ECOLOGIQUE DANS L’ARRONDISSENT DE NGAMBE-TIKAR

Les femmes et les hommes de ma génération qui ont vécu dans ce qui était alors le district de Ngambé-tikar avant les années 90 ont du mal à contenir leurs larmes lorsqu’ils foulent la terre de cette circonscription qui était pour eux un petit coin de plaisir. Tant il y faisait bon vivre.

Le climat apaisant et la verdure  luxuriante qui en faisait un paradis sur terre ont cédé le pas à un champ de ruine qui menace la vie et la survie des populations.

En effet, subissant encore avec accuité  la saignée de la coupe sauvage des arbres qui y a fait son nid, l’Arrondissement de Ngambé-tikar connait un nouveau drame: les feux de brousse qui déssiment la forêt à une vitesse vertigineuse sous la barbe de tous sans que personne ne s’en émeuve ni ne lève le petit doigt. Cette siruation, il faut le dire,  a de conséquences dramatiques sur l’écosystème.

Le climat tempéré, l’abondante faune et la flore qui faisaient de cet Arrondissement une destination enviée ont fait place à la chaleur accablante, à la raréfication du gibier, à la disparition des plantes médicinales, à l’appauvrisement du sol et à bien d’autres méfaits telle l’érosion qui désagrègent le tissu social, écomique et culturel.

Ainsi les populations vulnérables de l’arrondissement, les pygmées, voient impuissant se déssiner sous leurs yeux la mort de leur patrimoine culturel.

Cette situation est d’autant plus grave que l’arrondissement de Ngambé-tikar se trouve à la lisière de l’adamoua. Son massif forestier constitue une barrière au vent chaud et violent venant du nord.

Les conséquences de la déforestation sauvage se manifestent aujourd’hui par la chaleur accablante que l’on ressent à Ngambé-tikar et le vent violent venu du nord qui arrache sans vergogne  les toits des maisons suscitant l’étonnement des populations médusées.

Il est temps que toutes les couches sociales, autochtone ou allogènes habitant cet arrondissement prennent conscience de cette réalité et ajustent leur comportement sinon, Ngambé-tikar, la belle, destination aujourd’hui prisée pour la qualité de ses terres deviendra dans quelques années un enfer qui fera fuir vers d’autres horizons. C’est le lieu pour moi, ici et maintenant d’en appeler à une prise de conscience collective et individuelle pour la protection de notre environnement.

Cette responsabilité incombe en premier aux chefs traditionnels qui doivent non selement préserver la terre pour les générations futures mais également veiller entant que garants et dépositaires de ces terres que nos ancêtres ont arrachées de haute lutte et préservés pour que nous en jouissions. Très souvent accusés à tort ou à raison comme ceux qui bradent les terres, ils doivent comprendre que ces terres ne leur appartiennent pas eux et leur mais qu’elles sont un patrimoine commun qu’ils doivent garder comme un cadeau précieux, s’ils veulent échapper au tribunal de l’histoire.

En second lieu, j’appelle à l’action de l’administration dont le rôle parfois ambigue ne permet pas de lire la pertinence de l’action. Comment justifier qu’un tel drame se construise alors que administration chargée des forêts y est fortement représentée. Veut-elle être d’abord saisie avant d’agir alors même que tout se passe au vu et au su de tous? Il est temps d’agir.

La troisième catégorie et pas de moindre est l’élite. Le sentiment qui se dégage est le constat suivant lequel cette élite a démissionné de ses responsabilités de leader, d’éclaireur et de défenseur des intérêts des sans voix, face un monde où seul le bien matériel est au dessus de tout et où, seuls les plus nantis ont droit au chapitre. C’est vraiment grave car, la frilosité de cette élite n’a d’égale que son inaction face aux problèmes des populations.

Et la population elle même alors? Elle se caractérise par des fractions incongrues et des divisions qui la fragilisent, des luttes fraticides qui détruisent son tissu social d’où les drames comme celui de la déforestation sauvage que nous vivont et à la longue nous fera plus de mal que de bien.

La situation est si grave qu’une conversation avec le délégué d’agriculture de l’arrondissement de Ngambé-tikar en mars dernier m’a fait dire que, de décembre à mars cet arrondissement a perdu plus de 150 hectars de cacaoyer. Si cela ne suffit pas pour agir, Je ne sais plus ce qui peut émouvoir. Ceci est ma modeste contribution pour une prise de conscience face à ce drame.

NINKO A braham

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